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Didier Gourvennec Ogor

« Je ne m’interdis rien ! »

Didier Gourvennec Ogor est le nouveau président de l’association Marseille expos, regroupant 27 structures dédiées à l’art contemporain. Rencontre.

« Je ne m’interdis rien ! »
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Le 18 septembre 2012, les membres de l’association Marseille expos, réunis en assemblée générale, ont procédé à l’élection de leur nouveau président, Didier Gourvennec Ogor. Seul candidat, il fut élu à l’unanimité des voix. En effet, tout s’était joué en coulisses, il y a quelques mois, lorsque Jean-Jacques Le Berre (par ailleurs directeur de la galerie Porte Avion), avait annoncé sa décision de ne pas se présenter pour un quatrième mandat à la tête de cette « fédération » de galeries marseillaises. Certains se sont alors tournés vers le sémillant Didier Gourvennec Ogor : à peine arrivé de Paris, ce jeune galeriste avait d’emblée affiché un discours particulièrement ambitieux, aussi bien pour son espace de la Porte d’Aix, ouvert en septembre 2011 (« une galerie de prestige au rayonnement national et international »), que pour la scène locale (« Marseille peut devenir une place de l’art contemporain ! »). On l’a pris au mot. Enthousiaste, volontaire, hyperactif, DGO a le profil idéal pour faire bouger les lignes. Marseille expos a choisi de lui faire confiance. Lui, ne s’est pas fait prier pour accepter. Tout en restant conscient qu’il est attendu au tournant…

 

Présentez-nous Marseille expos…

Didier Gourvennec Ogor : C’est un réseau fédérant 27 galeries et lieux d’art contemporain à Marseille. Cette association repose d’abord sur la mise en commun d’outils de communication : un dépliant bimestriel et un site Internet. C’est la base du projet. Ils permettent au public d’avoir, sur un même support, le détail des expositions et des événements organisés par chacun des lieux membres du réseau. L’idée, c’est regrouper les intelligences et les compétences. C’est aussi permettre aux intervenants extérieurs de n’avoir qu’un seul interlocuteur pour monter des collaborations comme celle, par exemple, que nous venons de nouer avec les Galeries Lafayette. Au lieu de chercher un lieu d’art contemporain parmi l’offre existante dans la ville, les Galeries Lafayette se sont adressées à Marseille expos pour travailler sur l’ouverture de leur « Galerie du 5e », dont nous assurons la programmation.

 

Vous qui êtes à la tête d’une galerie privée, vous sentez- vous légitime pour représenter un réseau dans lequel les structures associatives sont largement majoritaires ?

J’ai choisi de me présenter avec Mathilde Guyon, qui est donc désormais vice-présidente de Marseille expos. J’ai une galerie privée et elle est responsable d’une structure associative, Astérides. Nous sommes donc complémentaires et plutôt représentatifs des membres du réseau. Il n’y aura pas vraiment de hiérarchie entre nous. Tous deux allons représenter Marseille expos auprès des financeurs, des médias… Mais à vrai dire, on est tous dans le même bain ! Galeries privées comme associatives, nous souhaitons défendre l’image de l’art contemporain à Marseille, défendre des artistes, leur permettre d’exposer… Ces structures associatives, qui ne vivent pas du commerce de l’art, ne sont pas opposées au commerce de l’art. Et puis on a le même public… Sur le fond, sur les objectifs de développement, d’image et de communication, nous sommes tous sur la même longueur d’ondes. Bien sûr, il n’est pas facile de coordonner 27 structures, ou de nous mettre d’accord sur des projets communs… Mais on y arrive. Quant à moi, je ne me sens ni différent, ni au-dessus de la mêlée. Et si j’avais le sentiment d’être un intrus, je ne me serais pas présenté !

 

N’est-ce pas aussi un challenge personnel pour vous, arrivé à Marseille il y a à peine plus d’une année ? Pourquoi avoir accepté d’emblée une telle responsabilité ?

Depuis mon arrivée, je suis super motivé, et un an après, je le suis toujours. Je n’ai pas renoncé à mes ambitions, j’ai la foi en Marseille et en la Capitale européenne de la culture. Ce sera un succès, j’en suis convaincu. A titre personnel, il est vrai que pouvoir m’investir encore plus, devoir être encore plus présent, c’est un beau challenge. Je n’avais pas du tout prévu ça en arrivant ! Mais vous savez, je ne m’interdis rien, jamais.

 

Cet enthousiasme forcené tranche avec le pessimisme ambiant…

Malheureusement, la majorité des médias nationaux passent leur temps à casser la ville de Marseille avec le chômage, la pauvreté, la violence… On n’entend jamais parler du positif : les chantiers, le tissu culturel immense et de qualité… On me dit qu’il ne se passe rien à Marseille, mais moi je ne sais jamais où aller car il y a souvent douze vernissages en même temps ! Marseille, j’y croyais en arrivant. Ce que j’ai vu et ce que je vis depuis ne fait que confirmer ce sentiment. Parmi les 27 membres de Marseille expos, certains rayonnent hors des frontières de la cité phocéenne ! Regardez Sextant et plus : actuellement, ils préparent un programme de résidences d’artistes au Maroc. Ils ont une vraie aura, et pas seulement dans leur lieu de la Friche ! Il y a aussi la Galerie of Marseille, qui a une réputation internationale, et avec son nouveau bâtiment, le FRAC va devenir l’un des plus beaux de France…

 

Quels sont vos projets pour Marseille expos ?

Premièrement, nous allons essayer de développer nos outils de communication, notamment leur visibilité auprès du public parisien. Aussi, Marseille expos organise chaque année une manifestation collective, le Printemps de l’art contemporain. Ça se passe généralement lors du week-end de l’ascension : tous les lieux membres du réseau organisent les vernissages de leurs expositions au même moment, durant trois jours, sur trois zones. Ce qui fait trois parcours différents que le public est invité à découvrir. L’année dernière, ça a bien marché avec 8 000 personnes. Mais j’aimerais développer davantage la notoriété et la visibilité de cette manifestation. Enfin, plus globalement, j’ai pour projet de solliciter le monde privé. J’aimerais développer des passerelles entre nos deux univers. Que ce soit pour des financements (car il faut absolument diversifier les sources) ou des partenariats. A ce titre, notre collaboration avec les Galeries Lafayette est un vrai succès.

2 Responses to « Je ne m’interdis rien ! »

  1. Marie dit :

    Quel enthousiasme ce Didier, et comment il a raison, parlons un peu de ce qui se fait de positif à Marseille . La pauvreté, la violence, le chomage ce n’est pas qu’à Marseille. Excellent travail de développement de partenariats dans la ville. Bravo Didier

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