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pierre sauvageot

Arts pour grands espaces

Lieux publics, la structure dirigée par le compositeur Pierre Sauvageot, a été l’un des principaux moteurs de la construction de la capitale européenne de la culture. À son initiative, en 2013, de nombreux événements vont s’inscrire dans l’espace urbain. Comment l’artiste analyse-t-il ce foisonnement et quels sont ses projets ?

Arts pour grands espaces
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Une part importante de la programmation de Marseille-Provence 2013 se déroule dans l’espace public. Vous n’êtes certainement pas étranger à ce choix ?

Lieux publics a en effet été fortement associé à la construction de la capitale européenne de la culture. Je me suis impliqué pour que l’art dans la cité représente un volet structurant du projet porté par Marseille-Provence 2013. Je n’ai qu’un seul regret : nous n’avons pas complètement réussi à aborder cette question de façon globale et transversale. Il y aura beaucoup de propositions en espace public en 2013, mais, à mon sens, elles ne se croisent pas assez. Nous n’avons pas su casser les murs invisibles qui subsistent entre les disciplines. Les arts de la rue se heurtent toujours à une sorte de plafond de verre, comme si, par leur dimension populaire, ces formes ne pouvaient pas totalement prétendre au statut de création contemporaine. Ce n’est pas du tout mon approche. Les événements que Lieux publics présente en 2013 sont à la fois contemporains et populaires : des esthétiques d’aujourd’hui, mais accessibles au plus grand nombre. Ainsi, aucun bagage particulier ne sera nécessaire pour entrer dans les propositions. Les manifestations seront lisibles avec des rendez-vous dans des lieux facilement identifiables et des règles du jeu simples à comprendre.

 

 

  

Lieux publics est donc présent sous de multiples formes tout au long de l’année 2013 ?

Tout d’abord, nous continuons Sirène et midi net. Depuis neuf ans, chaque premier mercredi du mois, sur la place de l’Opéra, des artistes jouent avec la sirène d’alerte qui résonne dans la ville. Et le 4 décembre, nous fêterons la centième de ce rituel artistique et urbain. Lieux publics est également à l’initiative du Détournement de Canebière, l’installation monumentale de Pierre Delavie, visible depuis le début de l’année sur la façade de la Chambre de Commerce.

 

Mais l’actualité la plus immédiate concerne Champ harmonique, un événement qui a vocation à fédérer un public très nombreux ?

Nous allons déployer cette symphonie éolienne pour auditeurs-marcheurs et cinq cents instruments sur les hauteurs des Goudes. Nous attendons 30 à 40 000 personnes dans ce site absolument somptueux, d’où l’on surplombe tout Marseille. Ce « projet de paysage » a été peu présenté en France. De toute façon, à chaque fois, le lieu impose une recréation, une totale réécriture de l’ensemble du dispositif. Je dois composer avec le vent tout en invitant les gens à suivre un parcours, lui-même source de narration. Car Champ harmonique est aussi peuplé de personnages. Ils arpentent et soulignent l’espace musical, organisent des écoutes, posent des images, capturent des histoires et restituent des sons…

 

 

Et, à l’automne, vous métamorphoserez la ville…

Nous allons, en effet, créer un rendez-vous international en trois volets. Ces Métamorphoses débuteront dans le bas de la Canebière avec Figures Libres, un spectacle de la compagnie KompleXKapharnaüM. La Canebière sera aussi le lieu d’un banquet, conviant plus de mille personnes : une grande tablée, scénographiée, mise en scène et en paroles, sur plus de trois cent mètres. La deuxième manche de ces Métamorphoses nous conduira à la gare Saint-Charles. Pour l’occasion, l’escalier monumental sera à la fois investi par une création chorégraphique partagée et transfigurée par une coloration. Pour ma part, je proposerai à l’intérieur de la gare une version très personnelle du Sacre du Printemps, car complètement réorchestré avec un instrumentarium électroacoustique. Et nous présenterons également toute une série de performances dans le quartier en coproduction avec In Situ, le réseau international que nous pilotons. Enfin, pour le troisième et dernier temps de ces Métamorphoses, nous avons invité le plasticien Olivier Grossetête qui édifiera, sur la Place Bargemont, une ville éphémère en carton avec des participants amateurs. Il me semble essentiel de questionner le rapport à l’urbanisme avec un point de vue utopique et en laissant libre cours à l’imaginaire.

Sirène et midi net, tous les premiers mercredis du mois, à midi,

place de l’Opéra, Marseille, 1er.

Champ harmonique, du 4 au 28 avril, aux Goudes.

Métamorphoses, du 20 septembre au 6 octobre, centre-ville.

www.lieuxpublics.com

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